Christophe Bourdon, clap 50è !
La champion du jeu de Nagui vient de savourer sa cinquantième victoire. Un succès inespéré et encore moins imaginé par le Namurois. Rencontre avec celui dont la France entière rêve de prendre sa place !
La légende raconte que vous êtes devenu champion grâce à un reportage. Expliquez-nous ?
C’est moi qui ait créé la légende ! (rires) J’ai passé le casting à Liège, pour la troisième fois. Un mois et demi après, j’ai été recontacté. Ca faisait deux ans que j’essayais de participer au jeu. Et lorsque je suis parti, j’ai proposé à mon rédacteur en chef (Christophe Bourdon est correspondant à La Meuse à Namur – nldr) de lui faire un papier sur les coulisses. Il m’a répondu « oui, et ramène-moi une photo avec Nagui ! ». Comme c’était impossible de prendre la photo avant ou après un enregistrement, parce que tout va très vite, j’ai baratiné Nagui, en lui disant que je faisais un reportage pour mon journal pour pouvoir faire la photo. Au final, j’ai quand même fait un article sur l’émission.
Vous vous imaginiez dépasser les 50 victoires ?
Absolument pas ! Même lors de la première, je ne m’imaginais pas aller dans le fauteuil du champion. Mon seul objectif, c’était, au départ d’aller, en finale. Et là, de me dire que 50 émissions plus tard je suis encore là… je n’en reviens toujours pas !
Vous avez suivi un entraînement intensif ?
Non, je ne me suis seulement entraîné pendant 35 ans en regardant la télé ! (rires) Je ne me prépare pas. Je me surprends parfois à me dire inconsciemment « tiens, c’est comment encore le titre de ce film ? » ou « c’est qui qui joue dans tel film ? » On ne sait pas se préparer à « Tout le monde veut prendre sa place » ! Je ne vais pas commencer à potasser des encyclopédies de cinéma...
Comment se passent les enregistrements à Paris ?
Nos mettons en boite cinq émissions par jour. La journée débute à 9h30. On vient me chercher à l’hotel pour la préparation, la maquillage, le styliste, etc… Nagui arrive vers onze heures, après son émission de radio. Et c’est pendant ce temps-là que je discute des participants avec le coach.
Le coach vous donne des indices sur les candidats ?
Non, ce ne sont pas des indices. Nous passons les candidats en revue. Les seules choses que le coach connait, c’est leur age, leur région et leur profession. Et en fonction, on essaie de deviner si ce sera un concurrent dangereux. Le but est de repérer une personne calée, et de ne pas l’avoir en finale. Puisque le but tant pour le champion que pour la production est de durer le plus longtemps. Pendant l’émission, je ne suis pas du tout détendu car j’essaie de cerner les gens, j’écoute leurs anecdotes.
Ce ne se voit pas à l’antenne !
Les caméras ne me stressent pas. Mais le jeu un peu plus. C’est la finale qui me stresse le plus.
A chaque fois, vous tombez sur un questionnaire cinéma. C’est voulu ?
C’est la question qu’on me pose à tout le temps ! Si vous suivez le programme depuis longtemps, il y a des questions de cinéma quasi tous les jours. La seule différence, c’est que moi je les prends systématiquement. C’est d’ailleurs une des raisons qui me motivaient à participer, je suis un mordu de ciné et de musique. C’est un jeu de questions sur la culture populaire, ce n’est pas « Question pour un champion ».
Vous connaissez tout du septième art ?
Tout ? Non, c’est une passion pour moi le cinéma. Si je tombais sur des questionnaires « sport », par contre je n’y mènerais pas large. Je n’y connais rien.
Vous avez participé à un court-métrage ?
J’ai co-écrit « Le Négociant ». C’est une comédie policière. L’histoire d’un négociateur qui est appelé sur un fort chabrol parce qu’un épicier s’est retranché dans son magasin et menace de tout faire sauter. Le policier va tenter de le dissuader mais il va se passer pleins de choses, des retournements de situation…
Nagui parle souvent d’un autre projet de film que vous feriez avec vos gains…
Oui, c’est un appel du pied à pour mon producteur, histoire de lui dire que j’ai envie de le faire avec lui. Ce serait en tant que réalisateur, cette fois.
Sur quel sujet ?
Le titre c’est « La Mort est un fonctionnaire comme les autres ». Il raconte l’histoire d’un fonctionnaire qui est présent quand les gens décèdent pour noter l’heure de décès. Son boulot ne lui plait pas du tout. Pour mettre dans l’ambiance, au début du film, on le voit dans une salle de bain, et c’est celle de Claude François… A un moment, la machine administrative se dérègle parce qu’une personne ne meurt pas, et ça va donc changer toute l’histoire de la vie du fonctionnaire…
La dérision et le décalé, c’est une marque de fabrique chez vous ?
Je suis tombé dedans quand j’étais petit ! De Monthy Python à Pierre Desproges… Si il y a bien une chose que je veux apporter à « Tout le monde veut prendre sa place », c’est l’humour belge. Montrer notre « belgitude », que l’on ne se prend pas au sérieux et l'étendue de notre second degré.
Ca n’énerve pas Nagui ?
Non, au contraire ! Nous avons un humour assez proche. Nagui me tend des perches. On se vanne. Je pense qu’il apprécie d’avoir un candidat qui a ce genre d’humour. Il me l’a dit plusieurs fois hors antenne. Je crois qu’au début, je l’ai un peu énervé parce que j’étais parfois insupportable. Mais c’est ma personnalité, je n’écris pas mes vannes avant l’émission pour les sortir. Je suis spontané.
Un objectif ?
J’essaie de ne pas m’en fixer pour ne pas me mettre la pression. Je dirai... continuer jusqu’au moment où Nagui prendra sa retraite !
« Tout le monde veut prendre sa place », tous les jours à 18h05 sur ladeux.
« Le Négociant », en ce moment sur BeTV et disponible sur Be à la demande ( catalogue « autres programmes »).
Propos recueillis par Pierre Bertinchamps
pierre@tuner.be
Photos : © Christophe Bourdon – Magali Veronesi/Cinergie.be


